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Lorsque j’avais quinze ans
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orsque j’avais quinze ans, je croyais que rien ne pouvait changer et que ma vie était toute tracée, jusqu’à ce qu’un événement ne vienne contrecarrer mes plans : la mort de ma mère. Cette partie de ma vie est comme une longue amnésie, enfin, non pas un amnésie, mais plutôt comme quelque chose dont je voulais me débarrasser, par peur de la souffrance.
Depuis ma plus tendre enfance, je n’aime pas souffrir, je n’aime pas que les personnes souffrent, surtout celles que j’aime, cela s’en ressentait toujours dans mon comportement, à toujours vouloir aider les autres quitte à être pédant. On me disait (et on continue de me le dire) : « Julien, t’en fais trop », mais je pense sincèrement que de voir sa mère atteinte d’un cancer tombée de son lit, sans pouvoir faire quoi que ce soit, si ce n’est de pleurer, fait que je vais toujours avoir cette impression de ne pas « en faire assez ».
Je me rappelle qu’à cet âge, j’étais un gamin puéril qui se souciait peu de la vie, qui pour fuir les problèmes grimpait dans ce marronnier juste au-dessus de chez lui, comme pour survoler les problèmes, d’ailleurs, la solution que j’apportais à un problème, c’était les larmes, je crois que c’est parce que j’ai peur de décevoir les gens.
Je prenais tout à la légère, je me rappelle même quand je descendais ces escaliers, raide comme la justice, pour me rendre à mon collège, et pour ne pas penser aux escaliers qui me fatiguaient, j’imaginais qu’un téléphérique me transportait jusqu’à destination.
Je me souviens qu’à quinze ans, j’avais toujours les mêmes amis, il y avait Rémi, Mickaël, Frédéric, Elodie, Vanessa… Nous nous fâchions souvent mais quelque part on oubliait vite nos distensions et c’est souvent qu’on se retrouvait à traîner le soir dans la rue au grand désespoir de mon père, d’ailleurs ; j’aurais voulu lui expliquer à l’époque qu’ils étaient mes seuls amis et que j’aimais être avec eux.
Je me souviens de quelque chose d’anecdotique, mon père refusait catégoriquement que j’aie une console de jeux vidéos ; moi je la voulais car tous mes amis l’avaient, alors j’ai acheté une console avec l’argent que ma grand-mère m’avait donné et je me rappelle que je faisais tout un cinéma pour cacher la console, car j’y jouais le soir quand mon père était couché, ce qui m’a valu pas mal de nuits blanches mais aussi de gros soucis scolaires.